>>> L’autrice de ce post est Afek Ben Chahed

Du 16 au 18 octobre 2025, la 4ème Conférence des Nations Unies sur la science et la recherche ouvertes s’est tenue à Tokyo, au Japon, à l’Université des Nations Unies et en ligne, réunissant des décideurs politiques, des chercheurs, des bibliothécaires, des éditeurs et des représentants de la société civile afin d’accélérer la transformation de la science et de la recherche, conformément au Pacte des Nations Unies pour l’avenir.

The United Nations University, Tokyo

J’ai eu l’honneur d’être invitée par la Bibliothèque des Nations Unies à participer en tant qu’intervenante lors de la troisième journée de la conférence, en tant que bibliothécaire et contributrice Wikimédia. Les débats de la journée ont porté sur le thème « Écosystèmes de connaissances inclusifs et participation communautaire », explorant comment l’ouverture, la collaboration et l’accès équitable à l’information peuvent renforcer le progrès scientifique à l’échelle mondiale.

La conférence, co-organisée avec des partenaires tels que SPARC, l’UNESCO et d’autres organisations internationales, a souligné l’importance de la collaboration mondiale pour accélérer les progrès en matière de science ouverte et de recherche universitaire. Il s’agissait d’un appel à l’action opportun, soulignant que la science ouverte ne se limite pas à l’accès aux résultats de la recherche, mais vise à instaurer la confiance, l’équité et la participation dans la manière dont les connaissances sont créées et partagées. L’ouverture est le fondement de l’innovation, du développement durable et de la garantie que personne ne soit laissé pour compte dans le patrimoine mondial des connaissances.

Au cours de ma présentation, j’ai partagé des réflexions issues de l’engagement de longue date du mouvement Wikimédia en faveur du savoir libre, en montrant comment les plateformes collaboratives peuvent compléter et enrichir la communication scientifique traditionnelle. J’ai présenté deux initiatives clés de Wiki In Africa pour montrer comment le savoir libre s’épanouit dans des contextes portés par la communauté :

  • WikiChallenge African Schools, qui permet aux élèves d’apporter leurs connaissances locales à Vikidia, la petite sœur de Wikipédia, favorisant ainsi la culture numérique et renforçant la fierté envers leurs communautés.
  • Wiki Loves Women, qui met en lumière et valorise les contributions des femmes africaines dans de nombreux domaines, comblant ainsi les lacunes en matière de contenu et promouvant l’égalité des sexes dans les espaces de connaissance.

Ces deux projets montrent comment l’ouverture dans la création de connaissances peut favoriser la participation, la diversité et l’inclusion — des principes qui sont au cœur de la science ouverte.

À mes yeux, la science ouverte est autant un changement culturel qu’un programme technique ou politique. Elle nous invite à repenser la manière dont le savoir est produit, qui participe à ce processus et quelles voix sont entendues. Une véritable ouverture consiste à reconnaître la valeur de contributions diverses — allant des savoirs locaux et de la recherche communautaire à la science citoyenne et aux plateformes collaboratives telles que Wikimédia. Pour l’Afrique et d’autres régions où l’accès aux ressources scientifiques peut être limité, la science ouverte offre une voie vers la visibilité, l’autonomisation et une participation équitable à l’échange mondial de connaissances.

La science ouverte n’est pas une fin en soi, mais une pratique qui se renforce grâce à l’action collective, à la transparence et au partage des responsabilités. Je suis fier de contribuer à ce mouvement par le biais de Wikimédia et des nombreuses communautés qui continuent à rendre le savoir accessible à tous.